Exposer sur un salon, ça fait sens ?

Après une première expérience plutôt satisfaisante sur Paris, Sophrologie Nature s’est offert le luxe (car c’en est un, financièrement parlant !) de participer à un salon du bien-être sur Perpignan, puis un autre sur Toulouse. Bilan somme toute mitigé, qui soulève pour l’instant plus de questions qu’il ne livre de réponses.

Sur le papier, la démarche fait sens. Prendre les villes à contrepied. Aller à la rencontre des citadins pour les inviter à se mettre au vert. Intellectuellement, le concept tient la route. Et la fréquentation spectaculaire des salons du bien-être laisse bel et bien penser que nous sommes nombreux en quête d’autre chose. La simplicité et l’authenticité de la nature sont des remèdes qui ne demandent qu’à être recontactés par l’homme, c’est une évidence.

Mais ces salons sont-ils vraiment le lieu idoine pour sensibiliser à cela ?

Leurs visiteurs sont-ils majoritairement en quête d’un mieux-être dont ils seraient les principaux artisans ?

Après un débourrage plutôt réussi à Paris, la double expérience des salons Lamagys de Perpignan et Vivre Nature de Toulouse me conduit aujourd’hui à en douter… Même si je sais qu’il est encore trop tôt pour en mesurer les éventuelles « retombées ».

La nature peut-elle tenir salon ?

J’ai semble-t-il été le seul à m’en émouvoir… Les effluves de goudron frais du parc des expositions de Perpignan resteront longtemps dans ma mémoire. Récemment refait à neuf, le bitume revendiquait ostensiblement son origine pétrolière sans que la majorité des exposants, organisateurs et visiteurs n’y sente apparemment quoi que ce soit à redire.

Salon Vivre Nature Toulouse 2018Drôle d’idée, ai-je songé, que de faire appel à ce revêtement « miracle », contre la terre et les prétendues mauvaises herbes, en intérieur… Jusqu’à ce que je constate que le parc des expositions de Toulouse avait eu la même ! Assez raccord, il est vrai, avec la disgracieuse structure en béton armé du bâtiment… J’avoue ne pas être un habitué de ce genre de lieux. Peut-être est-ce finalement la norme.

Je me doute bien qu’il n’est pas aisé d’accueillir sur un même site des centaines d’exposants et des milliers de visiteurs. Que les contraintes logistiques, les besoins d’alimentation en eau et en électricité, et les normes draconiennes d’accueil du public limitent les possibilités. Sans compter les impondérables de la météo (maudite nature) ! Mais je n’ai pu m’empêcher de relever ce contraste entre de bonnes intentions (« bien être », « vivre nature ») et une réalité qui, à mes yeux tout au moins, les contredit d’emblée. Comme si, en ville, la nature était de fait condamnée à n’être qu’un vœu pieux…

Le salon du bien-être marchand

Sur un salon de l’immobilier se vendent des biens et des produits immobiliers. Sur un salon de l’automobile se vendent des voitures et autres véhicules apparentés. C’est avoir fait preuve d’une certaine naïveté que d’avoir pu penser qu’il en soit autrement sur un salon du bien-être…

Dans une société de consommation qui nous martèle sans cesse que le bonheur réside dans les produits qu’elle s’évertue à nous vendre, le secteur de la santé et du bien-être n’échappent pas à la règle. Venez me voir braves gens, car j’ai là la pierre magique, la pilule miracle, le remède extérieur à vous-même qui va résoudre tous vos problèmes ou presque.

Je reconnais bien volontiers mes lacunes en matière commerciale, et je ne considère pas comme honteux le fait de « savoir se vendre ». Mes stages, mes outils pédagogiques comme mon jeu de cartes sur les plantes sauvages, ne sont pas distribués à titre gratuit. Ils représentent même pour certains un investissement trop important pour qu’ils se l’autorisent. Pour autant, ce ne sont pas des marchandises. Ce ne sont pas des biens de consommation, mais des services qui accompagnent la connaissance de soi. Dans bien être, il y a « être » et pas « avoir » (ni « faire », d’ailleurs). D’où ma profonde perplexité et mes doutes quant à la pertinence de ma participation à de tels rendez-vous marchands.

De belles rencontres dans la balance…

Après ce noir tableau, vous vous demandez probablement ce qui me fait hésiter. Renoncer aux salons. Explorer d’autres modes pour rencontrer les citadins et leur faire connaître l’approche sensible du végétal… Voilà qui semblerait aujourd’hui faire sens, fort de cette expérience. Trop énergivore, trop cher, trop long.

Mais ce n’est pas si simple ! Car dans ce tohu-bohu hors sol et commercial, certaines rencontres valent de l’or. Ce sont des échanges enthousiastes autour de la nature. Des sourires entendus. Des complicités tacites qui se passent de tout commentaire. Ou des regards qui en disent long. « Nous nous comprenons »…

Les salons permettent aussi, Dieu merci, de croiser des êtres en chemin. Des personnes qui, comme moi, sont loin d’avoir trouvé toutes les réponses aux questions qu’elles se posent, mais qui ont cessé de gaspiller leur regard vers l’extérieur.

Plus prosaïquement, c’est aussi grâce aux salons que la newsletter dépasse aujourd’hui la centaine d’abonnés. Un chaleureux remerciement au passage à celles et ceux qui se sont inscrits.

Peu importe que leur parcours guide ou non leurs pas jusqu’à l’un de mes stages. Le simple fait de les croiser de manière éphémère me réconforte dans ma proposition, dans cette invitation que la nature nous lance et à laquelle elle m’a demandé de prendre activement part.

Le dernier jour du salon de Toulouse m’a réservé une grande et belle surprise, sous forme de retrouvailles improbables et trop personnelles pour être dévoilées ici. Un signe fort, comme pour me signifier que je ne dois pas renoncer aux salons. Même si j’avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi…

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